Alors que l’EEG est en transition sous médiation du Ministère de l’Intérieur, une campagne de recouvrement de frais d’écolage, étendue pour la première fois au pré-primaire et au primaire, interroge sur sa base juridique et la traçabilité des fonds.
L’Eglise Evangélique du Gabon (EEG) traverse une période de transition, suite à la suspension à titre conservatoire de son Directoire par le Ministère de l’Intérieur en attendant une médiation.
C’est dans ce contexte que la gestion de son œuvre scolaire suscite des interrogations.
Une note administrative datée du 22 septembre 2026, dont notre rédaction a obtenu copie, ainsi qu’un ordre de mission y afférent, mandatent une équipe de la Direction Générale de l’Enseignement Privé Protestant pour procéder au recouvrement des frais d’écolage au titre de l’année scolaire 2026-2027 dans les établissements de Libreville.
Plusieurs chefs d’établissement joints confirment le passage de cette équipe.
L’un d’eux évalue à près de 15 millions de FCFA le montant qui aurait déjà été collecté.
Une information que nous n’avons pas pu vérifier de manière indépendante à ce stade.
Un fait nouveau interpelle.
Au-delà des lycées et collèges, cette campagne de recouvrement s’étendrait désormais aux écoles pré-primaires et primaires, selon plusieurs responsables d’établissements. Un fait jamais observé auparavant.
Historiquement, ces degrés d’enseignement n’ont jamais été concernés par le système de reversement de quote-part à la Direction Générale, en raison de la faiblesse des recettes qu’ils génèrent, à peine suffisantes pour leur fonctionnement interne et celui des secteurs scolaires et bases pédagogiques.
Des chefs d’établissement y voient une mesure de représailles à l’encontre des responsables réfractaires aux exigences de l’actuelle Direction.
Dès lors, deux questions se posent :
- Quelle est la base juridique d’une telle démarche alors que la gouvernance centrale de l’EEG est suspendue et que le Directeur Général lui-même est en attente de son successeur dans le cadre de cette même transition ?
- Quelle traçabilité pour les fonds collectés, notamment pour la quote-part revenant habituellement à la Direction Nationale ?
Ces agissements sont-ils de nature à assurer la gestion des affaires courantes ou à faire fonctionner cette œuvre qu’est l’enseignement privé protestant ?
Contactée ce 25 septembre pour apporter des éclaircissements, la Direction Générale de l’Enseignement Privé Protestant n’a pas donné suite à nos sollicitations.
Il appartient désormais aux autorités de tutelle d’apprécier si de telles opérations s’inscrivent bien dans le cadre de la stricte gestion des affaires courantes en période de médiation.
NDLR : Notre rédaction dispose de la copie de la note du 22 septembre et de l’ordre de mission.