société/intégralité du point de presse du SYNAMM

BUREAU EXECUTIF
DU SYNDICAT NATIONAL DES AGENTS DE LA MARINE MARCHANDE (SY.NA.M.M.)

Mesdames et Messieurs de la Presse Nationale et Internationale,
Chers Compatriotes,
Le Syndicat National des Agents de la Marine Marchande, tout en réitérant son soutien aux nouvelles Autorités du Comité de Transition pour la Restauration des Institutions (CTRI).
Et dans son souci constant de l’accompagner dans la recherche des solutions qui permettront à chaque gabonais de voir son pays retrouver sa place dans le concert des grandes nations et aussi de bénéficier chacun à son niveau des revenus issus du sous-sol en nous mettant tous résolument au travail, le SYNAMM disais-je a depuis quelques temps adopté une approche qui est celle de « la communication au maximum » afin que nul n’en ignore.
Avec la nouvelle ère impulsée depuis le 30 aout dernier par le CTRI, nous avons eu l’espoir que les choses vont véritablement changer.
La caducité des textes, avec les évolutions technologiques que connait ce secteur des transports à la vitesse grand « V », nous constatons que plusieurs textes internationaux ont connu des modifications par des amendements, des protocoles, des addendum, etc.
Alors que dans le même temps, au niveau national, nous n’avons presque jamais adapté nos textes aux différents changements intervenus depuis près de cinquante ans. Nous en voudrons pour exemples :
La loi n°10/63 du 12 janvier 1963 portant code de la Marine Marchande Gabonaise ;
Le décret n°1807 du 13 novembre 1985 portant attribution et organisation du ministère de la marine marchande ;
Sur ce point, nous pouvons conclure en proposant :
La mise en place dans les meilleurs délais d’une commission qui va une fois de plus et depuis bientôt dix ans se pencher sur l’examen des nouveaux textes ;
L’organisation des états généraux de la Marine Marchande.
Le cas des intérims, la Direction Générale de la Marine Marchande est une direction hautement technique et plusieurs de ses responsables (3/4) occupent des fonctions comme intérimaires depuis plusieurs années pour certain. Cet état des choses laisse à penser qu’il manque de la ressource humaine ou alors qu’il s’agirait simplement d’un manque de considération et de confiance pour les autorités à confirmer ou infirmer les uns et les autres. Or le statut général de la fonction publique défini de façon la durée de l’intérim qui ne peut excéder 3 mois. Cet intérim doit être circonscrit et s’accompagner des taches précises. Or aujourd’hui, ces intérims vont au-delà des dispositions prescrites par la loi.
La situation du service de signalisation maritime, après la nomination du nouveau directeur général le 28 septembre dernier, ce dernier qui occupait déjà les fonctions de Responsable du service de signalisation maritime et du Registre gabonais d’immatriculation des navires ; vient encore allonger la liste des intérimaires.
A l’allure où vont les choses, le constat qui se dégage peut laisser croire à une confiscation de certains pans de notre administration par les nouvelles autorités.
Rappelons à toutes fins utiles que le débat sur la question du rattachement de la signalisation maritime au cabinet du ministre en charge de la Marine Marchande a toujours fait l’objet d’interprétations diverses, et le Directeur Général de la Marine Marchande actuel dans ses anciennes fonctions de Conseiller juridique s’est toujours et farouchement opposé à une gestion de ce service par la Direction Générale de la Marine Marchande.
Aujourd’hui, comment comprendre la confiscation du service de la signalisation maritime par ce dernier.
De 2006 à 2011, l’État avait investi 3.850.000.000 milliards de francs CFA pour la réhabilitation du balisage maritime et fluvial, dans le cadre du document de stratégie de croissance et de réduction de la pauvreté (DSCRP).
En 2012, ces installations ont été réhabilité à plus de 90%.
Entre 2014 et 2022, ces différentes installations ont connu des fortunes diverses sur l’ensemble du territoire par manque d’entretiens, non-respect des visites périodiques, mauvaise gestion des stocks et la mise à l’écart des agents publics formés pour favoriser des personnes payées sur fonds propres.
Dans quel état se trouve ce service aujourd’hui ?
Le non-paiement des arriérés des frais de visite ;
La Subdivision de l’Ogooué-Maritime pas d’électricité ni d’eau, bâtiment dans un état déplorable ;
La Subdivision du Moyen-Ogooué fermée ;
Les frais de mission des agents qui viennent de remettre en état de fonctionnement le phare de Ngombé, non payés ;
Plus de bouées sur nos chenaux d’accès aux ports et tout le long du fleuve Ogooué entre Lambaréné et Port-Gentil.

L’audit IMSAS. Dans le cadre de ses activités, l’OMI a séjournée dans notre pays du 1er au 10 avril 2017 pour l’audit obligatoire IMSAS dont l’objectif était, d’évaluer le niveau de mise en œuvre par l’administration maritime gabonaise, de ses instruments pertinents pour s’arrimer aux standards internationaux.
En effet, après l’audit, il a été demandé d’engager très rapidement le processus de correction des écarts, au regard des 23 non conformités décelées.
Six ans après cet audit, les résultats des écarts à corriger sont catastrophiques et sans appels ; sur les 23 écarts, 2 seulement ont été corrigé soit une moyenne de 8,69%.
Par conséquent, le non-respect des directives de l’OMI peut automatiquement entrainer :
Déclassement ou Fermeture de nos ports ;
Enregistrement d’un autre accident maritime à l’exemple du regrettable Esther Miracle ;
Le déchargement des marchandises à destination du Gabon en haute mer, ce qui a pour conséquence l’augmentation des prix ;
Etc.
L’atelier. La Direction Générale de la Marine Marchande et le Ministère des transports et de la mer, ont organisé du 16 au 17 novembre dernier, un atelier d’élaboration d’un plan d’urgence pour la sauvegarde de la vie humaine en Mer qui s’est déroulé à l’hôtel ancien Maisha, grande fut notre surprise de constater pour le regretter que plusieurs responsables de la Direction Générale de la Marine Marchande qui pourtant concernés au premier chef n’y étaient pas conviés ; plusieurs autres responsables des administrations elles aussi concernées par la question n’y étaient pas.
Aujourd’hui les partenaires sociaux du SYNAMM interpelle les plus hautes autorités du CTRI pour qu’un regard particulier et urgent soit mis sur la Direction Générale de la Marine Marchande pour l’organisation des états généraux de ce secteur dès le début de l’année 2024.
Le naufrage de l’Esther miracle. Certains évènements qui se sont produits dans la vie de chaque être humain ne méritent pas d’être rappelés, encore moins la catastrophe d’Esther miracle qui a endeuillé toute la nation en mars dernier et dont les souvenirs sont encore présents dans les mémoires.
Pendant près de huit (8) mois, le SYNAMM ne s’est pas exprimé à ce sujet tellement la douleur des familles était grande et profonde.
Aujourd’hui, avec la nouvelle ère que nous vivons, nous pensons que le moment est venu pour nous de nous exprimer à ce sujet.
Durant toute cette période, nous avons tout entendu à propos de notre administration sur ses responsables, son personnel et ses missions. Pour l’opinion nationale, le coupable et responsable numéro un, c’était la Direction Générale de la Marine Marchande.
Pour masquer leurs insuffisances et leur incompétence, les autorités de l’époque, pour fuir leurs responsabilités ont présenté la DGMM à la face du monde comme coupable en procédant à la mise sous mandat de dépôt de plusieurs de nos responsables. Les résultats de l’enquête ouverte par le procureur de la république sont toujours attendus, nous osons croire et espérer que les conclusions issues de cette enquête, établiront une bonne fois pour toute les responsabilités de chaque administration. Bien nous constatons que depuis lors, seule la Direction Générale de la Marine Marchande a vu ses responsables se faire délivrer des mandats de dépôt.

La prestation de serment et la formation militaire. Dans le cadre de nos missions, les agents du corps des affaires maritimes (secrétaires, contrôleurs, attachés et administrateurs) sont appelés à verbaliser les opérateurs du secteur, pour ce faire, ils doivent au préalable avoir prêter serment devant le procureur de la République.
Le constat qui se dégage fait ressortir que plus des 3/4 des agents du corps n’ont toujours pas prêté serment.
Nous exhortons notre administration à prendre toutes les dispositions pour l’organisation d’une cérémonie de prestation de serments courant premier trimestre 2024.
Sous d’autres cieux à l’instar du Congo, de la Côte d’Ivoire, du Sénégal ; l’administration des affaires maritimes fait partie intégrante des corps paramilitaires et participent aux côtés des autres corps à des missions de défense et de sécurité de chaque Etat.
En ce qui nous concerne, elle n’est paramilitaire que de nom.
Il est plus que jamais nécessaire et impérieux que les plus hautes autorités du pays procèdent à la reconnaissance de ce corps comme étant paramilitaire.
La formation militaire des agents au niveau de l’école nationale de gendarmerie avait été financée depuis plus de deux ans mais jamais effectuée pour des raisons que nous ignorons.

Le registre international d’immatriculation des navires. En 2018, conformément au décret n°885/PR/MPITPTHTAT du 4 novembre 2013 portant mise en place du registre international des navires, le Gabon a mis en place un registre international d’immatriculation des navires qui est installé à Dubaï aux Emirats Arabes Unis.
Géré par une personne morale de droit privé concessionnaire de l’Etat, selon l’article 19 du décret susmentionné.
Cet accord de concession n’a jamais fait l’objet d’un appel à candidature au niveau international.
Les termes du contrat de cet accord ne sont connus que des anciens responsables du ministère pour la plupart aujourd’hui relevés de leurs fonctions et d’au moins une ou deux personnes encore en fonction.
Les fonds générés par cette activité qui selon certaines informations distillées ici et là font état de plus d’une centaine de navires immatriculées et dont les fonds font l’objet d’une gestion opaque.
Aux dernières nouvelles, depuis sa mise en place, nous n’avons pas connaissance du nom d’un gabonais qui travaillerait à bord de l’un de ces navires.
Dans sa quête de la restauration des institutions, nous exhortons le CTRI, à lancer un audit sur ce dossier, ouvrir une enquête sur les tenants et les aboutissants de ce registre qui avait pour mission de booster les recettes de la DGMM partant celles de l’Etat.

La prime de rendement. L’arrêté n°000011/ encadre et fixe la clé de répartition des primes de rendement aux agents du ministère des transports.
Depuis 2018, les agents ne perçoivent plus cette prime pour des raisons que nous ignorons.
A l’inverse, cette prime de rendement est versée continuellement aux responsables (cabinet des ministres, secrétariat général, d’une seule direction générale du ministère des transports) au grand dam des agents.
Afin de conclure avec ce point, et pour les deux années 2022 et 2023, nous réclamons le paiement de huit (8) trimestres d’arriérés des primes de rendement aux agents et son rétablissement normal dès l’année 2024.

Paiement du 3è trimestre des frais de visites. Depuis la fin du mois d’octobre dernier, nous attendons le paiement du troisième trimestre 2023 dont la commission s’est tenue en même temps que celle du deuxième trimestre sur instruction de Mme le Directeur Général par intérim sortant qui avait rassurée les membres de la commission que le paiement pourrait se faire avec un décalage de deux semaines entre le deuxième et le troisième trimestre.
Dans la période de mars à septembre 2023, le DG sortant disait avoir fait des versements de l’ordre de 2 milliards de nos francs. De ce fait, nous attendons une ristourne sur cette période de près de 800 millions. Lors de sa première réunion avec les responsables de la DGMM et les partenaires sociaux, le nouveau DG déclare son incapacité à payer ce troisième trimestre pour l’heure car dit-il le solde du compte auprès de l’agence comptable est de moins de 101 millions.
A ce troisième trimestre vient s’ajouter le quatrième trimestre qui touche à sa fin et les deux trimestres impayés de 2022 que nous trainons depuis 2020.
Nous exhortons une fois de plus la nouvelle direction générale à tout mettre en œuvre pour le paiement avant le 10 décembre d’au moins deux des quatre trimestres des frais de visites afin d’éviter une nouvelle grogne sociale au sein de la Direction générale.

La situation des équipements. A propos des équipements roulants et moyens nautiques, les dernières dotations que nous avons reçu de l’Etat remonte à avant les années 2000.
A ce jour, le parc automobile est presque inexistant. Sachant que nous avons des missions de terrain.
Les équipements nautiques quant à eux présentes la situation la plus déplorable de notre administration qui a des missions se déroulant sur les plans d’eaux maritime et fluvial.

Sur les conditions de travail des agents, mise à part dans une moindre mesure la Station Maritime de Gamba ou les agents bénéficient des conditions assez acceptables avec des bureaux et des logements décents, les autres localités tant à Libreville qu’à l’intérieur vivent et travaillent dans des conditions à la limite précaire, nous pouvons citer :
L’insuffisance des bureaux ;
Les effectifs pléthoriques au niveau de Libreville ;
Les travaux des bureaux et logements non achevés dans plusieurs stations ;
Les problèmes d’accès aux fournitures d’eau et d’électricité ;
La vétusté du bâtiment qui abrite la subdivision maritime de l’Ogooué maritime qui depuis plusieurs années n’a plus d’électricité et d’eau ;
La vétusté des bâtiments qui abritent les délégations provinciales de l’Estuaire et de l’Ogooué Maritime ;
La vétusté de l’atelier des phares et balises au port mole qui est aussi confrontée aux coupures intempestives de courant suites au mauvais état des installations ;
La station maritime et fluviale d’Akanda qui squatte dans un bureau de la délégation provinciale de l’Estuaire par manque de locaux à Akanda;
Avec l’obligation du port de l’uniforme lors de nos missions de terrain, les agents n’ont plus reçu de dotation et des cartes professionnelles depuis plus de 10 ans.

Un conflit de compétence entre notre administration et plusieurs acteurs du secteur maritime et portuaire ne favorise pas la bonne marche des activités de l’autorité maritime compétente et point focal OMI. Un accent particulier doit être mis par les autorités pour régler cette question.
Enfin, nous terminons notre point de presse par une situation qui mine notre administration depuis plusieurs années. Elle découle d’une incompréhension sur le terrain en particulier à Libreville entre les « inspecteurs des affaires maritimes, les inspecteurs de la sécurité de la navigation et les inspecteurs par habilitation qui ont décidé de former un bloc afin d’interdire aux autres agents l’accès à bord des navires de plus de 500 Tonneaux de jauge brut pour y effectuer des inspections.
Nous tenons tout de même à rappeler que à Mayumba et Gamba qui reçoivent les plus gros navires, il n’y a aucun inspecteur et que les inspections sont faites par des contrôleurs et des attachés des affaires maritimes tout comme à Port-Gentil qui ne compte qu’un seul inspecteur.
Nous attirons l’attention des autorités des transports pour clarifier cet état des faits afin de ramener la cohésion dans le navire Marine Marchande.
Nous vous remercions pour votre aimable attention.