OMNISPORTS / PAUL ULRICH KESSANY : 9 MOIS À LA TÊTE DU SPORT GABONAIS, QUEL BILAN ?

Nommé le 2 janvier 2026 par le Président Brice Clotaire Oligui Nguema, Paul Ulrich KESSANY, ancien athlète, avait suscité beaucoup d’espoir dans la famille sportive gabonaise. 9 mois plus tard, des voix s’élèvent pour dresser un premier bilan.

Le reproche d’un déséquilibre en faveur du football

Le principal grief : une attention jugée trop centrée sur le football. Le Ministre est régulièrement présent lors des déplacements des Panthères, mais d’autres disciplines s’estiment délaissées.
Exemple cité : le retour des jeunes basketteurs gabonais qui se serait fait sans accompagnement officiel du ministère.
Autre point : depuis sa prise de fonction, les matchs des Panthères se jouent toujours au stade de Franceville, alors que le Gabon dispose d’autres infrastructures comme le stade d’Engong à Oyem.

Des fédérations en crise de gouvernance

La gestion des ligues pose question. En kick-boxing, deux ligues provinciales coexistent dans l’Estuaire : l’une installée par la Direction Provinciale des Sports, l’autre par l’Inspection Générale des Sports.
En boxe, deux athlètes gabonais se seraient « échappés » lors d’une expédition en Écosse sans que de suite officielle ne soit communiquée.
Pire : le championnat d’Afrique zonal de boxe s’est tenu à Libreville sans, selon plusieurs acteurs, de mécanisme clair de financement du ministère.

  • Boxe : 2 ligues de l’Estuaire* 🥊
    C’est le cas le plus cité comme exemple de « gouvernance à double tête ».
    Selon plusieurs acteurs du milieu :
  • Ligue 1 : Installée par la Direction Provinciale des Sports de l’Estuaire
  • Ligue 2 : Installée plus récemment par l’Inspection Générale des Sports

Résultat : 2 présidents, 2 bureaux, pour une seule province.
Au « nez et à la barbe » du ministère . Ce qui crée une confusion totale : qui organise les compétitions ? Qui sélectionne les athlètes ? Qui représente la province au niveau national ?
La Fégaboxe et le ministère sont donc attendus pour trancher et unifier.

Cyclisme : Fédération en fin de mandat depuis Mars 2024 🚴
La Fédération Gabonaise de Cyclisme (Fégacy) présidée par Nazaire EMBINGA est effectivement en fin de mandat depuis mars 2024.
Le problème soulevé : aucune Assemblée Générale Élective ni même extraordinaire n’aurait été convoquée à ce jour, sans les moindres « injonctions » de la tutelle.

Conséquence : la fédération fonctionne en « prorogation » alors que les textes prévoient le renouvellement des instances. D’autres fédérations sont dans le même cas. Le ministère doit donc lancer le processus électoral pour toutes les fédérations en retard.

Implication du Ministre KESSANY : Fégafoot et CNG*

C’est l’autre angle qui est souligné par les observateurs.
Depuis janvier 2026, Paul Ulrich KESSANY s’est effectivement montré très présent et impliqué dans 2 processus :

  1. Le processus électoral de la Fégafoot : Élection du nouveau bureau
  2. Le Comité National Olympique Gabonais (CNOG) : Renouvellement des instances.

3. Le dossier sensible des Panthères
Le feuilleton Thierry MOUYOUMA, ancien sélectionneur, oppose désormais l’entraîneur au ministère sur fond de gestion et d’ego.
Et coup dur : Pierre-Emerick AUBAMEYANG vient d’annoncer sa mise en retrait de la sélection nationale, évoquant une « humiliation » après la CAN 2025. Lui et Bruno ECUELE MANGA avaient fait l’objet d’un communiqué gouvernemental en janvier.
Les observateurs rappellent qu’en 2011, René NDEMEZO’O OBIANG, alors Ministre des Sports, avait ouvert le dialogue pour le retour de Daniel COUSIN. Pourquoi pas la même démarche aujourd’hui ?

La question du bilan
À 9 mois de sa nomination, la question revient : quelle est la discipline qui a connu une avancée structurelle sous son mandat ? Quelles innovations pour le sport de base, les infrastructures, le financement ?

Le débat est ouvert.

Le Ministre KESSANY est attendu sur des réponses concrètes pour apaiser la famille sportive.