Omnisports : Pourquoi s’imprégner des réalités sportives dans un salon feutré ?

Depuis sa prise officielle de fonctions le 2 janvier dernier, le nouveau Ministre des Sports se bat tel un beau diable pour le décollage du sport gabonais.

Sauf qu’à y regarder de près, ces nombreuses séances de travail se tiennent en grande partie dans son salon feutré du Palais des Sports de la capitale gabonaise.

Un peu comme l’auraient fait d’autres avant lui, sans véritables innovations susceptibles de se démarquer des méthodes anciennes.

Prendre inutilement du temps alors qu’on connaît l’autopsie du sport gabonais qu’on a souvent dénoncé les travers sous une autre casquette.

On sait aussi que la pratique et la gestion du sport se vivent beaucoup plus sur le terrain que dans un cadre luxueux comme un cabinet.

Nous proposons d’effectuer plus de descentes sur le terrain que de tourner les pouces devant son écran.

Le pays est à reconstruire sur le plan sportif en ce début de 5ème République et il n y’a pas de temps à perdre.

Les visites d’inspection ont aussi ceci de particulier, c’est que le Ministre des Sports touche du doigt les vraies réalités du sport gabonais, plutôt que de se contenter des petits comptes rendus des présidents de fédérations dont on connaît la roublardise en matière de gestion.

Tenez ! En décidant d’accorder des audiences aux fédérations uniquement dans son bureau, le nouveau patron du sport ne saura jamais que le président du Comité national olympique (CNO) n’est pas en odeur de sainteté avec son Secrétaire général.

Mieux, plusieurs fédérations sportives ne disposent pas de siège social aux normes requises.

Le Président de la fédération gabonaise de cyclisme est en fin de mandat depuis le mois de mars 2025, et sans vouloir organiser une assemblée générale élective.

La salle nationale de boxe est en lambeau et l’immeuble court un risque d’effondrement à cause de sa vétusté.

Le Full contact (Kick Boxing) n’a plus de président légalement constitué depuis 1997 et Mister Eric Ella est là par défaut.

Le président de la Transition avait confié les travaux de réhabilitation du stade Engong d’Oyem à CITP et tout piétine à ce jour.

Le Gabon ne dispose que d’un seul stade de compétition internationale, en l’occurrence celui de Franceville, pour un pays qui se veut sportif.

Savez-vous, cher membre du gouvernement, qu’on ne pratique pas la natation au Woleu-Ntem ?

Savez-vous que la Ligue de Boxe de l’Ogooué Ivindo n’existe pas depuis belle lurette ?

Ce sont toutes ces situations que le nouveau Ministre des sports doit soulever sur le terrain et non dans un salon loin du palpable.

L’heure n’est pas à la lenteur administrative, mais au pragmatisme, afin de présenter au chef du gouvernement un bilan des 100 jours âprement mérité.