Politique/Élection présidentielle 2023: La cour constitutionnelle déjà à pieds d’oeuvre.

Le Gabon s’apprête à vivre une année très chargée. Pour cause, il doit organiser des élections générales dont les présidentielles sont le point de départ.

A cet effet, tous les acteurs politiques et organisateurs se mobilisent et s’organisent.

La cour constitutionnelle, acteur majeur du dispositif organisationnel, mais intervenant en aval dans ce processus, s’active en menant des actions organisationnelles et pédagogiques sur le terrain.

En effet, elle fait depuis quelques semaines une tournée de sensibilisation et pédagogique dans les neuf provinces du Gabon.

Son but est d’interpeller les citoyens à la responsabilité à la fois individuelle et collective.

Il faut dire sur ce point qu’elle fait bien tant elle a souvent, depuis 1993, fait l’objet à tort d’accusations virulentes de la part d’une partie de la population et de l’opposition politique.

Tandis que la classe politique tergiverse sur un possible dialogue dont personne ne peut encore présager l’issue, elle travaille déjà de sorte à aider à une organisation citoyenne et apaisée de ces élections générales.

En dépit de cette présence sur le terrain, l’action de la cour constitutionnelle semble malheureusement passer inaperçue.

Faut-il alors rappeler que, toujours dans son optique de jouer pleinement son rôle, elle a récemment auditionné le ministre de l’intérieur sur les problématiques de la confection et de la distribution de la carte d’identité nationale, la révision de la liste électorale et la situation du bureau du CGE; des questions d’importance dans la bonne organisation des élections au Gabon.

Ce qui étonne le plus encore, c’est que, à quelques huit mois de l’élection présidentielle, et alors que le Président de la République dit oui à une concertation politique préalable demandée par certains de ses opposants, une bonne partie de l’opposition reste évasive, tergiverse et nourrit des atermoiements dans sa réponse.

La responsabilité des acteurs politiques et de la société civile est ici interpellée. Il ne serait pas utile et opportun de surprendre les populations qui n’ont que trop souffert des arrangements politiciens dont les dialogues politiques n’aboutissent qu’au partage du gâteau.

Visiblement, la cour constitutionnelle fait tout pour ne pas être prise au dépourvu. Les populations attendent beaucoup de ces élections.

Il est donc temps de leur clarifier les objectifs politiques pour cette année 2023.

Et au moment où les politiques s’apprêtent à dialoguer, il convient tout de même de se questionner sur l’incidence probable de leurs résolutions sur la tenue de ces élections.

Par exemple, si les discussions devaient porter sur la loi électorale, serait-il encore possible de tenir ces élections, lorsqu’on sait qu’on ne modifie pas la loi électorale en année électorale ?

Et si on devait, à l’issue de ce dialogue aboutir au report des élections, quelle sera alors la situation constitutionnelle du Président de la République ?

Des petites questions fondamentales qui doivent déjà intéresser l’opinion nationale, afin d’éviter des possibles incompréhensions aux conséquences fâcheuses.


Dans tous les cas, la volonté de la cour constitutionnelle à remplir ses devoirs sans se soucier des projets des politiques de discuter est à saluer.

Et il s’avère impérieux aujourd’hui d’insister sur cette volonté de remplir pleinement son devoir.

Car, dans sa démarche, elle ne se préoccupe pas des possibles termes de référence et des résolutions de la future concertation des politiques.

Elle s’active, au contraire, d’attirer l’attention des populations sur la nécessité de bien distinguer les rôles des différents acteurs intervenants dans le processus électoral, et ce, de l’amont à l’aval, pour éviter les dérapages populaires que notre pays a malheureusement connus par le passé.

Ce qui est certain, c’est que la cour constitutionnelle est bien concentrée sur ses missions.

À chacun de nous de l’être sur les siennes sans préjugés ni malice, mais dans un esprit citoyen et républicain.