Les législatives que le Gabon vient d’organiser les 27 septembre (premier tour) et 11 octobre (second tour) redistribuent indubitablement le paysage politique national.
Ce scrutin vient de livrer son verdict.
Ainsi, il ne devrait normalement exister que les formations politiques ayant prouvé de quoi elles étaient capables sur le terrain.
Ces partis politiques pourraient désormais s’inscrire dans la nouvelle nomenclature politique dessinée par la constitution gabonaise, votée majoritairement par le peuple lors du référendum.
Aujourd’hui, ne devraient s’exprimer que les formations politiques disposant d’au moins un à cinq élus nationaux, c’est-à-dire celles ayant droit de cité au Palais Léon Mba, siège de l’Assemblée nationale.
Il s’agit de :
UDB, avec 109 députés ;
PDG de Blaise Louembé, avec 15 députés ;
RPM d’Alexandre Barro Chambrier, avec 3 députés ;
Union Nationale (UN) de Paulette Missambo, avec 2 députés ;
Sociaux-Démocrates Gabonais (SDG) de M. Louango, avec 2 députés ;
RNR de Jean Ping, avec 1 député ;
UPR de Gervais Oniane, avec 1 député ;
FDS d’Ange Kevin Nzigou, avec 1 député ;
BDC de Claudine Ayo Mavioga, avec 1 député.
De ce fait, voici les neuf formations politiques du Gabon qui bénéficieront de la subvention annuelle réservée aux activités politiques des partis.
De facto, le paysage politique gabonais assistera sans nul doute à la mort lente des autres partis « gazelles » qui n’ont aucune représentativité, ni nationale ni locale.

Sur quoi pourraient-ils encore baser leur discours, sinon sur le tintamarre et la surenchère politique car n’étant pas représentatifs auprès des populations qui ont vomi plusieurs ?
Voilà comment Brice Clotaire Oligui Nguéma, en homme intelligent, s’apprête à ranger au tiroir la question de la pléthore des partis politiques qui avait pignon sur rue sans véritable expression démocratique.
Au dialogue national inclusif de l’ère de la Transition, on parlait de 107 partis politiques reconnus au Gabon.
De même, le Conseil national de la démocratie (CND) ne devrait plus être dirigé par quelqu’un qui ne « compte que du beurre », alors qu’il n’est élu nulle part.
C’en était trop, au point où certains Gabonais faisaient de leurs formations politiques un véritable fonds de commerce.
Ce qui est dommage, c’est que le paysage politique assistera à la disparition de certaines formations politiques de renom telles que le RPG de Paul Mba Abessolo ou le PGP de Mouity Nzamba.
Il est difficile d’imaginer l’ancien Premier ministre de la Transition que l’on qualifie de pingre, à tort ou à raison continuer à alimenter sur ses fonds propres certains militants de l’Alliance Patriotique (AP), dont plusieurs ont été incapables de s’acheter un simple pot de colle pour leurs affiches électorales.
On attend tout du président fondateur du parti, car la culture des contributions spontanées pour animer les activités politiques est quasiment inexistante.
Ce triste scénario se retrouve dans la majorité des formations politiques gabonaises, où personne ne cotise.
Ne parlons même pas du Parti Social Démocrate (PSD), dont l’existence ne gravite aujourd’hui qu’autour de son fondateur, et ce depuis l’avènement de la démocratie.
Le paysage politique du Gabon va désormais fonctionner avec neuf (9) partis politiques, comme pour rabattre les cartes d’une démocratie nouvelle.
Le Parti Démocratique Gabonais (PDG) continue de se réclamer d’être dans l’ère du temps en étant un « oliguiste », au point où l’on se demande qui acceptera encore de jeter son corps dans l’opposition et de rejoindre le fils de Ntang Louli, rabâchant les oreilles de ses ouailles tel un bon flatteur vivant aux dépens de ceux qui l’écoutent.
On garde encore en mémoire le vibrant appel de Madame Claudine Ayo Mavioga, du Bloc Démocratique Chrétien (BDC), invitant les autres formations politiques à se constituer en une grande famille de la galaxie présidentielle.
Au demeurant, l’étau semble se resserrer afin de favoriser un jeu démocratique malléable à souhait par la classe politique gabonaise, actuellement dans ses nouveaux attributs.