Football/Pierre Alain Mounguengui : L’homme que rien ne fait tomber

Au Gabon, un nom revient en boucle dès qu’on parle de football : Pierre Alain Mounguengui.

Président de la Fégafoot depuis plusieurs années, il est de tous les débats, de toutes les Unes, de toutes les conversations de réseaux sociaux.

À chaque étape du processus électoral, les regards convergent vers lui.

On l’a dit attaqué, fragilisé, fini. Il est toujours là.

Comme un roseau de Tchibanga, sa terre natale : il plie sous le vent, ne rompt pas.

Six mois de détention préventive n’ont pas eu raison de sa présence à la tête de la fédération.

Libéré, il a repris sa place, suscitant autant de fidélités que d’adversités.

L’ironie de l’histoire : nombre de ses opposants d’aujourd’hui sont des compagnons d’hier.

Anciens financiers, chefs de département, arbitres qu’il a contribué à former certains se réclamaient même de sa filiation.

Le retournement est total, mais l’effet recherché, le faire chuter , ne s’est pas produit.

Alors, dans les couloirs, on murmure une porte de sortie : « institutionnelle, progressive, honorifique ».

Comme si le problème tenait à un homme plutôt qu’à un système.

Comme si le football gabonais se réduisait à un duel personnel.

Pourtant, les textes existent. Ils encadrent les mandats, les candidatures, les votes.

C’est à leur aune que se joue l’avenir de la Fégafoot, pas au gré des passions.
Mounguengui divise, c’est un fait. Mais réduire le débat à sa seule personne, c’est oublier l’essentiel : la gouvernance, les projets, les résultats.

La question n’est pas de savoir « ce qu’il mange pour tenir », mais ce que le football gabonais veut devenir.